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05/04/2010

Interview de Gildas, boss du label Kitsuné pour Luxuriant Magazine!

Kitsuné.JPG

Depuis 7 ans, Gildas et Masaya ont imposé, dans le

monde entier, le label Kitsuné, plateforme musicale et

fashion indispensable à tout branché qui se respecte.

Luxuriant a rencontré Gildas accompagné de Jacques

Shu - le RP le plus tendance du globe - dans un bar

jouxtant les Jardins du Palais Royal avant sa venue au

Am Puff, le vendredi 9 avril, pour la soirée Luxuriant.

Ambiance sirop de violette et musique de gitans, le

boss de Kitsuné s'est confié sur les secrets de sa réussite

planétaire. Entretien avec l'homme qui a signé La

Roux, Gossip, Phoenix, Digitalism, Boys Noize ou Bloc

Party...

 

  • Gildas, tout a commencé pour toi avec Roulé, le label de Thomas Bangalter.

J'ai travaillé pendant des années avec Daft Punk et je m'occupais entre autres de leurs labels Roulé et Crydamoure. J'ai appris le music business à cette époque.


  • Tu as imprimé des t-shirts Roulé pour un séminaire avec toute l'équipe Roulé/Crydamoure à Las Vegas. C'est de là que t'es venue l'idée de monter un label de musique couplé à une marque de vêtements ?

L'idée de faire un label de musique et une marque de vêtements est surtout venue au moment de Discovery, le second album des Daft Punk lorque nous nous nous rendions beaucoup au Japon pour la production du film Interstella 5555. Masaya nous accompagnait souvent pour une question de connections et de traduction avec les locaux, nous avons donc sympathisé. Nous nous sommes également rendus compte qu'au pays du soleil levant, le marché avait une réelle demande pour de la bonne musique et des sapes sympas.


  • Vous vous connaissiez avant avec Masaya ?

Nous nous connaisons depuis l'époque où j'avais une boutique de disques, Street Sounds, dans le 1er arrondissement.

 

  • Ta culture musicale s'est faite là ?

Non, je l'avais déjà avant (rires)! La boutique, c'était du son club, des conneries genre Masters At Work. Quand j'étais jeune, j'avais une culture plutôt indie genre The Smiths, The Cure, Bloody Valentine...


  • Tu as déniché énormémént de talents comme La Roux.

Kitsuné est une plate-forme qui a un large réseau. La Roux, par exemple, aime sortir ses premiers maxis avec nous car elle sait que ses productions seront disponibles en même temps en France, en Angleterre, en Scandinavie, en Allemagne, au Japon et aux USA. Cela lui donne un rayonnement international plus rapide que si elle signait sur un label anglais qui ne fonctionne qu'en Angleterre.


  • Tu dois recevoir énormément de démos. Tu as une armée de stagiaires qui te font un premier tri ?

Oui, oui, bien sûr ! Je reçois énormément de sons mais je ne les écoute pas (rires) ! En fait, je n'ai pas le temps. Je vais moi-même chercher ce qui peut me plaire, je vais à des concerts...

 

  • Est-ce que tu es passé justement à côté de certains groupes ?

Oui, j'imagine. Il n'y a pas que Kitsuné qui sort des disques. Plein de labels fonctionnent et existent avec des artistes qui ont du succès.

 

  • Es-tu fier quand un de tes artistes signe ensuite sur une major ?

Bien sûr et tant mieux pour eux ! Cela veut dire que nous ne nous sommes pas forcément trompés. Quand est sorti le premier maxi de The Klaxons et que le groupe reçoit un Mercury Price en Angleterre, et bien voilà, cela veut dire quelque chose. Nous apprenons le métier de maison de disques et cela ne se fait pas du jour au lendemain. Au démarrage de Kitsuné, si nous avions signé Two Door Cinema Club, nous n'aurions pas pu les placer en radio car il faut que le programmateur connaisse bien le projet et que le label investisse de l'argent en marketing. Domino a mis 10 ans avant de placer Franz Ferdinand ou Artic Monkeys. En plus, il y a des gens qui sont là depuis longtemps et qui n'ont pas forcément envie de te laisser de la place ! C'est un challenge permanent.


  • Comment as-tu déniché Two Door Cinema Club ?

Nous organisons les soirées Kitsuné Maison En Vrai qui sont la version live de nos compilations. Je suis donc en relation avec des agents et tourneurs qui me font des propositions. L'un d'entre eux m'a envoyé la musique de Two Door Cinema Club, nous les avons fait venir et j'ai trouvé que c'était encore mieux que ce que je pensais.


  • Est-ce qu'ils t'ont demandé des conseils sur la production de leur album ?

Je suis la maison de disques, c'est moi qui paie à la fin donc je veux donner mon avis, un peu comme le final cut dans le cinéma. Dans leur cas, il y avait des mini-trucs de rien du tout à modifier. Ce qui est difficile pour un groupe qui a des vélleités pop, c'est de faire des chansons pops ! Et chez eux, c'est inné.

 

  • Pour les DJs sets, tu fonctionnes toujours avec Masaya ?

Masaya n'a plus le temps de faire le DJ. J'y vais tout seul le plus souvent, trois fois par mois environ.

 

  • Vous aviez fait un remix du track « War Game » de Raw Man. A quand un album de Gildas & Masaya ?

Ce n'était rien cet edit, juste un truc vite fait. Il n'y a pas de velleité à être producteur. D'une part, on n'a pas le temps, d'autre part, il faut laisser cela à ceux qui savent le faire. A ce propos, nous sortons le prochain maxi de Play Paul !

 

  • Comment s'organise une compilation Kitsuné ?

Je viens d'en faire une. Je n'arrête jamais (rires) ! Les compilations Kitsuné, c'est beaucoup de contenus originaux, avec des morceaux souvent faits exclusivement pour nous. Les artistes sont payés et les droits « clearés » ! Sur la dernière, on trouve plus de douceur et de tendresse, elle est plus vaporeuse, le tempo est plus lent. Je ne sais pas si c'est dû au fait que je viens d'être papa...

 

  • Il y a eu pas mal de rumeurs autour du projet MayBB. On a parlé de Thomas Bangalter puis de Benny Benassi.

Il y a eu beaucoup de bruit mais nous n'en avons pas vendu des tonnes ! Nous avons essayé de faire buzzer un peu le truc mais dire qui est derrière ce projet, il faut le demander à l'artiste !

 

  • Tu as collaboré également avec Phoenix.

Nous avons sorti le premier maxi de leur nouvel album avec un package de remix, un peu plus club. Lors du premier opus, ils ont été estampillés French Touch à cause de certains de leurs tracks et cela les avait un peu refroidis à l'époque. Ils ne voulaient plus faire la même chose. Pourtant, je leur ai expliqué que les DJs voulaient jouer leur musique. Ils ont accepté à nouveau de se faire remixer, ce qui leur a servi en les reconnectant avec la scène club et les kids.

 

  • Pourquoi leur avoir demandé de réaliser une compilation?

Nous produisons une série qui s'appelle Tabloïd, qui laisse carte blanche à un artiste. La première s'est faite avec Digitalism puis nous avons demandé à Phoenix de faire la même chose et de sélectionner les titres qu'ils aiment. La prochaine sera peut-être avec Classixx... A suivre.


  • A quand un track de Thomas Bangalter sur une compilation Kitsuné Maison ?

Je m'entends très bien avec lui, nous sommes très amis mais je ne sais pas où il en est avec ses productions personnelles. Ce que je peux dire, c'est qu'il est à Los Angeles, qu'il kiffe et qu'il bosse avec Guy-Man (ndlr Daft Punk) sur la bande originale d'un grand film de Walt Disney. Je ne sais pas s'il y a d'autres choses à venir !


  • Combien vendez-vous de disques par sortie ?

On n'en vend jamais assez. Le vinyle, c'est mort. Et le digital, c'est pas la folie.

 

  • Kitsuné est une marque mondialement connue, au style plutôt épuré et classieux, parfois un peu à l'inverse des productions musicales. Pourquoi ce contre-pied stylistique ?

Je ne sais pas s'il existe un style vestimentaire qui colle avec une compilation ou un label. Mais il existe plusieurs façons de faire une marque de vêtements. Soit tu restes proche de la mode et des tendances, et tu fais alors dans le fashion mais beaucoup de monde est déjà sur ce terrain et cela demande un gros investissement marketing. Soit tu te mets en retrait et tu vises un projet plus qualitatif. Nous avons toujours voulu faire du textile qui dure en restant attentifs aux fabricants avec lesquels nous travaillons. Nous n'avons jamais pensé que la marque de vêtement devait être le merchandising de la maison de disques. Le label a été travaillé comme un label et la marque de vêtements comme une marque de vêtements. Les gens pensent que nous sommes un peu bêtes et que nous devrions faire de la sape pour les gamins qui achètent nos disques mais nous pensons que c'est un vrai challenge de créer ses propres tenues estampillées Kitsuné.


  • Tout le monde est un peu jaloux de vous car on vous imagine toujours au bar des palaces les plus classieux de la planète. C'est cela la vie des Kitsuné ?

Nous sommes beaucoup demandés comme DJ, ce qui nous amène à être dans des hôtels et des avions. Mais maintenant nous restons beaucoup dans nos bureaux à travailler.

 

  • Si Kitsuné faisait un défilé de mode, qui s'occuperait du son ?

Nous n'en faisons pas encore mais le son serait sans doute moi. A moins que Masaya me dise qu'il cherche quelqu'un de plusnouveau, plus frais, plus cool (rires) !

 

  • Une nouvelle génération émerge. Tu as peur de te réveiller un matin en te disant que tu es dépassé ?

Tant mieux si elle émerge ! Le vrai truc qui m'embeterait ce serait de travailler et de me dire que je suis has-been avant d'avoir gagné un peu d'argent. Parce qu'être has-been, c'est pas grave, quand tu es blindé, tu t'en moques ! C'est très con d'être dépassé et de ne pas avoir gagné de quoi bien vivre ! Je ne le souhaite à personne mais cela fait partie des potentielles options qui peuvent te tomber dessus. Maintenant être riche, c'est écrit sur aucun de nos prévisionnels pour le moment !


  • C'est quoi pour toi un succès ?

C'est se faire plaisir surtout. Il y a des gens qui sont des succès. Daft Punk, en est la personnification en terme de musique. Busy P ou Justice, c'est successfull. Colette que j'adore en est un aussi car c'est un concept super bien réfléchi, super bien travaillé. Ensuite, on aime bien des marques comme APC ou Ralph Lauren.

 

  • Il est comment le fan de Kitsuné ?

Il est plutôt cool, sympa, jeune, curieux, ouvert. Il n'est pas que fan de Kitsuné. Il aime la musique. Certains labels ont LEURS admirateurs qui ne prônent que LE label en question. Il nous est arrivé une fois de faire le DJ avant Surkin où tu vois des adeptes d'Institubes qui t'insultent pendant ton set et qui sont comme des dingues quand leur idôle arrive ! Mais tu ne verras pas des fans de Kitsuné faire cela. Nous n'avons pas des fans genre fans de foot par exemple !

 

  • Si Kitsuné prenait un jour la direction artistique d'un club ? Il ressemblerait à quoi ?

J'aimais bien feu le Paris-Paris. On y venait souvent faire les DJs. La taille était parfaite avec 200, 250 personnes à l'intérieur. Tout n'était pas parfait mais il aurait pu devenir un vrai club mythique sur la durée. André avait fait l'intérieur et c'était vraiment chic comme il fallait.


  • Il y avait eu une soirée Kitsuné mythique au Roméo en 2007 à Paris. Vous reviendrez à des évènements ponctuels et plus underground ?

En fait, cette soirée nous avait un peu refroidis car nous avions servi trop d'alcool aux gens. C'était une orgie ! Nous nous sommes retrouvés dans des mini-galères. Nous avons passé deux heures à canaliser les gens qui sortaient du club trop bourrés et qui arrivaient direct sur le boulevard Saint-Germain !

 

  • Est-ce que tu arrives encore à sortir incognito en club ?

Je ne suis pas connu. Mais en club, le portier me connaît et c'est ce qui m'aide à rentrer! Par contre, cette tendance un peu naze des mecs qui te prennent en photo pour mettre sur leur blog, c'est un peu la zone... Sinon moi, je sors au Montana!

 

  • Dans 10 ans, tu te vois où ?

Ici. Je suis bien ici ! C'est mon quartier le Palais Royal. J'emménage à côté d'ailleurs, j'ai eu les clés hier. Je m'en félicite, j'ai une adresse qui bute ! Mais il faut que je gagne un peu d'argent maintenant pour payer mon loyer!

 

  • Une erreur commise dans le passé et que tu aimerais effacer?

Tu ne te rends pas compte mais je suis le mec le plus honnête au monde et. Je dis juste du mal des gens même si Jacques me dit toujours qu'il ne faut pas...

 

  • Alors donne nous un gossip !

J'ai rien en tête comme ça... Peut-être sur Jacques... Jacques est gay (rires) !

 

  • As-tu déjà cédé à la tentation des groupies ?

Nous sommes tellement chiants et désagréables que nous n'en avons pas (rires) ! En plus, je crois vraiment que dans le deejaying et l'electro, c'est un leurre de penser qu'il y a des groupies. J'ai passé beaucoup d'années avec les Daft Punk en backstage et il n'y en a pas. Là où tu en trouves, c'est dans le rock avec les guitares. Two Door Cinema Club, c'est des gamins, nous n'avions pas encore sorti leur maxi qu'il y avait 42 filles qui faisaient la queue devant les loges. Pour les DJs, il y avait une ou deux meufs qui sont là et qui étaient présentes la semaine passée dans le même club mais avec un autre DJ ! C'est mon expertise de longues années en backstage ! Et puis moi, je n'ai pas de tentations de toutes façons. Je suis amoureux depuis 13 ans...

 

  • Tu vas jouer pour la 1ère fois au Luxembourg. Quelle vision as-tu de ce pays ?

Peut-on parler en toute franchise ? Le Luxembourgeois a l'air comme cela, un peu tout droit, un peu tout gris mais c'est juste l'idée qu'on s'en fait ! Je vérifierai moi-même au Am Puff le vendredi 9 avril à la soirée Luxuriant. †


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19:28 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gildas, kitsuné, luxuriant | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Danke sehr an den Autor.

Gruss Nelly

Écrit par : Sat Anlage | 17/11/2010

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